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Tendre est la nuit ? (...)
Vers le soir les couleurs se calment, la douceur de vivre et de tuer revient.
Zelda arrose les plantes dégringolant de la fenêtre vers la cour où deux vieilles en bas refont le monde en le lessivant dans le lavoir. Une radio chuchote entre les murs de l’immeuble, nostalgique à peine. Alors Zelda s’étire puis extirpe un string du frigo. Elle l’enfile en soupirant de bonheur. Il fait si chaud qu’elle n’en porte plus jusqu’à ce que le soir et la fraîcheur de l’appareil à glaçons calment enfin sa peau. Zelda a les cheveux et le corps sans cesse enflammés. Après ça, elle demande un homme pour la nuit. Un autre. Puis elle raccroche. L’appelé se pointe pendant le dessert - un tiramisu fait maison. Il en reprend trois fois. Tandis qu’il se gave, je sens son regard glisser vers moi. Non mais alors, range tes yeux ! Vers deux heures, après une soirée de transe dans une boîte de jazz miteuse, Zelda et son tiramisuman embarquent l'un à bord de l’autre (copulateurs transgéniques…).
Le temps glisse sur eux. Sur moi.
Vers midi Zelda me rejoint, le regard morne. - Ta nuit ? Elle grimace en me répondant : - A toi de jouer maintenant. Pas de témoin, hein ! J’entre dans la chambre. L’homme est nu. Je commence : - Ce que je préfère ce sont les finitions, le travail bien fait… puis le tiramisu ! Avant qu'il ne réponde, Zelda me lance depuis la cuisine où elle avale son café: - finis-le au pic à glace, comme dans Basic Instinct. Demain on a dit qu’on jouerait Kill Bill… Ou alors tiens, carrément le grand jeu : Massacre à la tronçonneuse ! Ça te dit ?
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