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Les aventures d'un instructeur d’auto-école |
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Il n’était pas devenu instructeur d’auto-école par passion, ni par vocation, ni par manque de diplômes (il avait fait une thèse sur Nietzsche). Il avait choisi son métier à cause du film "levier de quéquette" qu’il avait vu à l’âge de quinze ans.
En gros, il passait ses journées à attendre de réaliser son fantasme ultime, sa prophétie. Une jeune femme au visage délicat s’assiérait à ses côtés, tunique blanche fendue le long de la cuisse. Elle aurait 19 ans et commencerait à caresser le levier de vitesse avec une moue suggestive. Elle garerait la Clio derrière LIDL, le long de la friche industrielle, tirerait ses cheveux en arrière pour lui permettre de regarder et entreprendrait enfin la plus belle, la plus longue, la plus experte fellation de tous les temps.
Pour le moment malheureusement, il devait se contenter du tout venant. Et il s’agissait ce jour-là de ce qu’on appelle un Jacky. Un type qui repasse son permis. Un type à qui on ne la fait pas, qui s’étonne de la mollesse de la Clio et regrette l’absence d’aileron arrière.
Seulement ce Jacky-ci était un dangereux. Il filait comme un cinglé sur les routes en travaux, prenait les ronds-points à contre-sens, zigzaguait à la sortie des écoles. Notre instructeur ne disait rien. Il attendait la demoiselle à la robe fendue.
La Clio vint se planter dans un fossé comme un couteau dans une miche de 2. Jacky se fendit le crâne sur le volant. Lui sortit du véhicule en flammes et entreprit de faire du stop pour rentrer à l’agence.
Mais qui allait prendre un instructeur d’auto-école en stop ?
Sûrement pas une demoiselle à la robe fendue. Surtout qu’il se grattait le cul sans vergogne, avait l’air complètement dépassé par les évènements sur le bas-côté.
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