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Quand la bise fut venue, je me suis emporté, j'ai pu enfin me lâcher.
Elle s'appelle Berthe. Trois plombes que je la fais rire, que je lui paie des coups, elle me sourit, elle rit, elle boit mes verres. J'essaie quelques papouilles préliminaires, elle a la jambe allumeuse, et moi j'adore les longues gambettes en écrin résille ; elle a des bas, j'ai vu, une esquisse de peau, elle les a croisées, ses jambes, tout à l'heure, et ce blanc au bout du noir, ça me rend fou, moi ! Elle m'enlève la main, à chaque fois, gentiment, fermement, je commande encore à boire, ma carte devient verte, mais elle, pas encore mûre, la fille. Je lui fais mon Travolta sur la piste, l'homme qui danse tout, rock, salsa, Zouk, même du rap, en faisant l'acrobate et l'air méchant, et encore plus fort, sans acide, je débilo-tectonise et j'abru-techno, le cavalier parfait, je danse, je paie à boire et je fais rire. Elle passe une bonne soirée, c'est évident, pas de copine à son secours, tout roule. Et puis ça ferme, les videurs nous vident, moi j'ai envie de l'attraper à ses filets, élégant jusqu'au bout, je l'escorte à sa voiture, elle rigole toujours. Dans le silence du parking, je le trouve très con, son rire. Devant sa caisse, elle me tend la joue, je la bise, sans déraper, je lui tends la mienne... Quand la bise fut venue, je lui ai planté ma lame dans le nombril, jusqu'à la garde, fin de rire, tiens, et je suis remonté à la cage thoracique.
Une bonne soirée ? Un bouquin devant mon feu de cheminée, un cognac à siroter, et la peau de Berthe sur mon parquet...
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