shadow_left
Logo
Shadow_R
Ma chaussette
Appréciation des utilisateurs: / 6
FaibleMeilleur 
Écrit par Hillary John
  
Les plus belles histoires sont celles qui commencent mal" Faïza Guène.

La nôtre avait plutôt bien commencé...


Rien. Presque. Une réalité.

Je me couche. J'ai une chaussette trouée. Tu ne me fais pas rêver. Je suis consciente de la réciprocité.

Un rêve.

Un homme les yeux gourmands. Un homme, grand, puissant, ou pas, n'imaginons pas qu'il soit beau, mais il est imprévu disons, un homme qui en a envie, qui m'incite, m'invite, excite, dessine mes dentelles noires, rouges, lacées, nouées, ajourées, bas de soie, bas de soi, bas de soi-disant, en passant, un passant, un homme, un bras, des muscles, ou pas, la peau de ce bras, fine, belle, la peau tendue et le sexe bandé. Des cuisses à l'ardeur devinée.

Une réalité.

Tu te couches. Sans les chaussettes usées. L'ardeur élimée. Je ne suis pas ton rêve. Ni ennemis ni complices. Indifférents ?

J'ai une chaussette trouée. Je ne vais pas la repriser. Je me tourne. Je dors.

Et la jeter, c'est gaspiller ?

Commentaires
Ajouter un nouveau
Hervé G.   |2008-04-10 15:59:07
Un petit chef d'oeuvre de Phildar !

;o)

Mobert   |2008-04-10 16:13:37
L'usure de la chaussette est-elle à l'image de l'usure de ce couple - comme de tout couple?
Phildar le sait peut-être, ça dure pas longtemps une chaussette, la passion non plus, mais Hillary nous le rend mieux, nous le rend bien, très bien même.

patrcik  - chasuble   |2008-04-10 17:52:33
Moi j'aime bien le titre et les chaussettes aussi, les reprisées avant tout mais c'est dur d'en trouver et ma femme ne veut pas les raccommoder. C'est dire que notre amour en prend un sérieux coup. On n'est pas sur la même pointure. La vôtre est quasi subliminale et on rêve de s'endormir sur cette chaussette, y prendre son pied à défaut d'espérer un peu d'amour.
J'aime votre tristesse. Pardon, j'aime la fragilité de votre personnage, simple reflet de trop de temps, de l'habitude, du non renouveau. Les dentelles n'y changent plus grand chose.
Vous ne me laissez indifférent, vous m'inquiétez car je me sens observé avant d'aller me coucher ... seul. J'ai dû rater quelque chose. S'aimer c'est regarder chacun son oreiller et tant pis si l'un pue des pieds, il me reste une chaussette pour serrer contre mon coeur.

Senga   |2008-04-10 18:28:17
Quel rêve ! J'apprécie la construction de ce texte, et la question finale, existentielle...

Caroline...   |2008-04-10 19:52:16
Ouf comme c'est bon de lire ceci.
Il y a de la tendresse (triste) et de la sensualité et puis cette élégance-là que j'aime retrouver.
merci.
Un homme imprévu j'adore et ça me parle.Voilà c'est un homme comme ça qu'il faudrait du début à pas la fin.

Ecrire un commentaire
Nom:
Email:
 
Titre:
BBCode:
[b] [i] [u] [url] [quote] [code] [img] 
 
Security Image
Saisissez le code que vous voyez.

3.20RC1-i Copyright (C) 2007 Alain Georgette / Copyright (C) 2006 Frantisek Hliva. All rights reserved."


< Précédent   Suivant >
 
   
   
   

Du meme auteur

{pv1::ds_PageNumber}/{pv1::ds_PageCount}