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Je suis tellement épuisé que je n’ai même plus la force de dormir… et que mourir ne m’est même plus imaginable… Spectre, j’hante mes nuits et vos jours de mots sans suite ni rimes ni chansons Seule l’ombre tiède est douce à mon souffle moribond La douleur aussi déserte mes horizons Et mon pas ne trace rien dans la neige et dans vos vies Invisible dans le flamboiement des aurores Silhouette impuissante dans vos tristesses Je n’ai comme gloire et médaille que l’angoisse au fond de vos yeux… et l’horreur ordinaire ne me trouble plus… Spectre, j’habite l’espace et le temps sans y vivre ni aimer ou chanter Seule ta miséricorde fait tinter un instant mes chaînes La joie depuis m’est un mot ennuyeux Et mon cri désespéré n’engendre aucune pitié Inaudible dans la musique des anges amoureux Silence sans durée dans vos prières Je n’ai que l’éternité devant mon regard aveugle… et mes bras n’embrassent à l’infini que le vide de la haine et des tombeaux
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