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Soif de courir
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Écrit par Medusa
  


Il m’arriva de rêver que j’étais devenu cheval
je courais heureux dans les fraîches prairies
j’étais persuadé d’être devenu cheval
et je ne voulais plus jamais me réveiller


tandis que je courais heureux
je craignais un réveil douloureux
j’essayais de m’habituer lentement à l’idée
que tout ceci n’était que rêve et que tout s’en irait


et tandis que progressivement je m’habituais
à mon futur réveil hors de ce rêve
en mon for intérieur une voix surgit
en me hurlant tu es cheval tu resteras cheval


je n’avais pas l’air de croire
que toute cette histoire était vraie
j’aurais voulu me réveiller juste une seconde
pour être sûr d’exister


dans ma chambre tous les objets
se divisaient en deux clans
les uns disaient
fuyons car cet homme est devenu cheval
et les autres disaient
il est innocent un beau jour il reviendra


et moi d’entendre leur dialogue
je prenais honte de moi-même
et de ma soif de courir dans les fraîches prairies
et je criais écoutez me voici j’existe
je ne suis pas cheval
je suis le plus humble des hommes


mais les passants s’arrêtaient et tournaient la tête
ils souriaient amusés et disaient
tiens voilà un cheval qui parle






Commentaires
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edgarogorill   |2012-02-16 09:10:59
Je ne suis pas le mauvais cheval, je vais donc commenter ce poème. J'espère que ce com ne vous fera pas devenir chèvre :o)

pich24   |2012-02-16 14:05:26
On se croirait dans Total Recall ou ce génial cinglé de K Dick nous entraine dans la schizophrénie en mélangeant la réalité et les possibles.
C'est plus intimiste avec une histoire de canasson, mais la puissance et le mystère du rêve y sont bien réels.

HLM   |2012-02-16 19:20:51
Très sympa à lire en tous cas, et plus profond qu'il n'y paraît...

Jones  - Soif de courir   |2012-02-17 09:36:39
Cirroco a écrit:
Impossible de "commenter" un poème de Medusa.

Difficile d'accès, imperméable à la rationalisation, je redécouvre Medusa à chaque relecture, et chacun de ses textes renvoie irrésistiblement aux précédents qu'on croyait avoir cernés, et qui se renvoient l'un à l'autre.

Je ne vois pas de paranoïa ni de schizophrénie comme chez Dick, où une réalité autre se cache derrière la réalité, où des monstres se dissimulent derrière des persos anodins.

Partout je vois chez Medusa le sentiment de la dépossession de soi, et du monde qui se liquéfie tout autour.

Medusa, rare et discrète, répond rarement aux commentaires. Je crois qu'il faut respecter ce silence, qui n'a rien de  condescendant

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