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apnée dans un beau monde blanc |
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Tout blanc, j’vois tout blanc J’ sais pas ce que c’est Un soleil au zénith ou un projecteur au sodium J’ veux pas savoir C’est peut être mieux ainsi
J’inspire un grand coup J’plonge au fond de mon tonneau Dans l’eau tiède Pendant une minute Les yeux fermés par deux mètres de fond C’est ma place Celle où on me fiche la paix Jusqu’à ce que j’sente plus mes bras Et que mes jambes se mettent à gonfler Je résiste tant que je peux Mais c’est plus fort que moi Faut que j’ remonte
Je crève la surface Je vide mes poumons enflammés Mes yeux me brûlent Je crois apercevoir une silhouette Celle d’une femme J’inspire de tout mon thorax De tout mon abdomen A me faire exploser la tripaille Je redescends au fond Sous ma colonne d’eau C’est bien plus calme Le tonneau c’est mon chez moi J’ai les tempes qui battent déjà J’dois être fatigué Mes doigts sont tout froids Y a pas à chier j’ai besoin d’air Je pousse comme un cinglé sur mes jambes Je me détends comme une flèche Ma tête mon buste sortent de l’eau Mes cuisses mes mollets aussi Y a une force qui me soulève C’est pas normal
On m’allonge sur une table J’ai froid je suis détrempé Une femme se penche vers moi Je suis tout nu Elle m’observe J’ai mal aux yeux Saloperie de lumière Elle dit que ça ne vaut rien Que ça a foiré Qu’il faut pas s’acharner Ils me déposent sur une civière M’abandonnent dans une caisse en inox J’ai froid Mes yeux sont complètement aveugles J’ai peur Je crie J’hurle Je supplie qu’on me remette dans mon tonneau J’hurle mais rien ne sort Je crie mais rien ne sort
Je suis pas comme eux
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