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Quand on se retrouve sur le pavé, savoir mendier est indispensable.
Ne jamais tendre la main. Tendre le regard. Si le vôtre croise celui du passant, la moitié du chemin vers son cœur est faite.
Etre propre mais pas trop. La saleté tue la dignité. La propreté tue la pitié.
Ne pas sentir mauvais. Un mendiant doit sentir le lieu où il mendie. Ou bien, comme l‘argent, il de doit pas avoir d’odeur.
Mendier tôt le matin. Vous êtes solidaire avec ceux qui vont travailler.
S’absenter de temps à autre. Les gens n’aiment pas vous voir tous les jours sur leur chemin.
Ne pas s’endormir en mendiant. Vous passez pour un tire-au-flanc.
Ne jamais trimbaler caddies, sacs poubelles, valises cabossées. Vous êtes un oiseau libre et confiant dans son destin. Pas un escargot poussif qui traîne son fourbi avec lui.
Ne pas demander de travail. Vous êtes déjà au travail.
Bien choisir le récipient dans lequel tombe la pitié publique. Un chapeau fait théâtral. Un gobelet en carton passe inaperçu. Un étui à violon fait de vous un bohémien louche, pas un honnête mendiant. Une simple boîte à chaussures fait l’affaire. Propre, direct, modeste et sincère.
Si quelqu’un jette son cœur dans votre boîte à chaussures, prenez-le immédiatement et ouvrez-le.
Un cadeau doit être déballé tout de suite pour faire plaisir à qui vous l’offre.
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