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entre les deux candidats favoris des sondages
― Sachez, monsieur, que les électeurs sont très intelligents. Qu’ils ne donneront leur voix qu’au candidat qui ne les décevra pas. ― Non seulement, monsieur, ils sont très intelligents, mais ils sont aussi, et peut-être avant tout, d’une loyauté, d’une clairvoyance… ― Combien je suis fier de mon pays et de ses citoyens si éclairés… ― Si honnêtes, si remarquables… ― Que je ne pourrai jamais tromper. Tout ce que je dis, je le tiendrai. ― Mes promesses valent bien les vôtres… ― Non monsieur. Vous ne brassez que du vent. ― Monsieur ! je ne vous permets pas ! ― Et moi, monsieur, je me permets de dire aux électeurs… ― Les électeurs… Vous me la baillez belle. Ces veaux ignares, ces débiles… ― Comment osez-vous ! Les électeurs sont… ― Des imbéciles. Il n’y a que les imbéciles qui pourraient considérer vos promesses comme réalisables. ― Holà ! Qui vous donne le droit... Et même si les électeurs n’ont pas inventé la poudre, il faudrait être bien innocent pour vous apporter le moindre suffrage. ― Ah ça ! Monsieur, vous êtes un jeanfoutre ! ― Et vous, monsieur, un foutriquet !
En vinrent-ils aux mains ? Un écran publicitaire opportun priva le bon peuple de la suite immédiate du débat entre les deux favoris des sondages.
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