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Hanoi, Vietnam
Rien n’est triste comme les choses manquées
- L’Occidental sent, comprend, divise spontanément par 2, moins souvent par 3. Le chaud le froid, le vrai le faux - Mais où veux-tu en venir, Shanghai Li ? - C’est Paris qui a fait notre colère ici - Paris, Paris et Moscou Shanghai Li, Moscou ! - Là, tu vois, tu divises notre colère en 2. Notre colère est plus abondante. Ici, nous la divisons plutôt par 5 ou 6, ou 10, ou 12, notre colère est abondante. Le Vietnam et Oncle Ho sont abondants comme un champ de riz. Notre colère est riche comme la terre qui la nourrit. Notre colère est grande comme la faim qui la commande - C’est pour ça que nous sommes toujours ici, Shanghai Li - Comment un bien nanti peut comprendre un manant ? Ça fait trop longtemps que tu n’es plus mendiant. Tu t’es trop éloigné de ton ancêtre paysan. Et aussi, l’étranger aime le Vietnam car il pense y retrouver… - Y retrouver quoi, Shanghai Li ? - Tu sauras bien compléter - Je n’ai nulle envie de compléter, Shanghai Li - Faute avouée est à moitié pardonnée - Mais, Shanghai Li… - Laisse tes mais, va, ton avion t’attend - Shanghai Li, rien n’est plus triste que les choses manquées - Ah, oui ? Alors apprends de Shanghai Li ceci : rien n’est plus précieux aussi
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