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Hanoi, Vietnam
C’est le matin pluvieux De l’après Nouvel An Petite pluie fine Moins de motos fourre-tout Plus de badauds badins Hanoi et sa bruine chafouine A pied, je traverse la ville Bonne année et jour férié
Je trace une famille américaine Costaude, croyante et débonnaire Je comprends alors leurs difficultés A ces grandes tiges pour progresser Jadis, dans les boyaux Viêt-Cong Pas prêts de revenir ! Shanghai Li, méfiante féline, rectifie : Si, mais d’une autre manière…
Dans une indifférence respectueuse Au pied d’un arbre, une vieille accroupie Tripatouille son plateau de fruits à vendre Sur le trottoir, en bordure du boulevard Avec noblesse et pruderie Elle se relève, digne et discrète Si ce n’est le petit lac fumant et ruisselant Au pied de l’arbre, qui grandit
Un peu plus loin comme un joker Une pompe à vélo, une bassine d’eau Posées comme une enseigne Au bord de la circulation Savonneuse, l’eau Et un vélo, aussi, pour ceux Qui n’auraient pas compris Qu’NgUyen est là pour démerder
Carton : CAT CHIA KHOA Une caisse en bois mille fois ouverte Des clés vierges en veux-tu en voilà Un tour à main dans une boîte à chaussures NgUyen, copieur ès clés, tabouret plastifié Casquette à visière, longue, enfoncée Tu fais toutes les clés ? Oui-oui, je cracke les téléphones aussi
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