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Hanoi, Vietnam
Les lignes droites du cadastre ne feront jamais disparaître la courbe cintrée des personnages.
Un homme grand et vouté avance dans la rue. Pressé, comme une fourmi, il va de droite et de gauche, se cogne aux boutiquiers, discute rapidement, puis continue, un papier à la main.
Agé, de type européen, en chemise blanche élimée, une tache rose foncé derrière le col comme M le maudit. Je lui file le train. Tout le monde lui répond aimablement, lui montre, main cassée à droite, main cassée à gauche son chemin au gré des rues tordues. L’homme repart de plus belle à grandes enjambées.
Un vélo-pousse essaie de l’embringuer ; une femme assise sur ses talons souffle sur un brasero et lui explique le topo. L’homme traverse encore une rue à trafic comme un torero. Il s’engage dans le quartier des ferblantiers où tout brille, reflète, duplique. Il croise un chat qui est deux devant une armoire à pharmacie.
Encore son bout de papier, à la va vite, encore des réponses en vietnamien et des moulins à vent avec les bras. Nous arrivons dans la rue des quincaillers. Il arpente puis s’arrête, saisit son papier, recule de deux pas, vérifie, revient et tend au patron le verso de son pense-bête.
On lui donne sa pièce de plomberie, il paie et repart à l’envers presque en courant. Il est vrai que si ça fuit chez lui…
La tache sur l’épaule disparaît dans la foule. Pas encore repu, je cherche une prochaine équation avec son inconnue. Pourquoi pas cet NgUyen que je pense avoir croisé 4 fois depuis ce matin. Il me regarde fixement. Je passe machinalement la main sur mon épaule.
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