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Ça va pas durer longtemps, Je pense nous quand tu penses au stylo, qu’a la mine écrasée, nous aussi on a la mine écrasée, bien défaite, de ceux qui viennent de se mettre sur la gueule.
Tu diras, aussi, c’est vrai qu’on vient de se mettre sur la gueule, ç’aurait été tout aussi vrai hier, ç’aurait été tout aussi vrai demain, ça c’était avant que demain ne décède.
Je ne trouve pas ça très drôle les décès. De demain ou bien tant qu’à faire, d’autrui. C’est ce que je me dis te plantant dans ton benne, en avançant sur la plage, non, la côte (bien arrondir la bouche pour le O de côte), rochers, goémons, bigornes.
Où je clichète à regarder la flotte. Où je poncive, l’air triste iodé, Atterrée pour les enterrés.
C’est un tout empruntable et identifiable comprenant plusieurs dimensions faciales, sourire affaissé, commissures à l’envers et floues, rapetisationisation du front, perte d’élasticité des peaux, sourcils relevés plus que de raison, uniquement sur leur face interne.
Je m’immobilise, les mains dans les poches du manteau sont nécessaires pour la plausibilité du tableau, on ne parle pas de disparition avec les mains joyeuses, en l’air, dansantes, glissées négligemment dans la raie de mon cul.
On en parle avec sérieux. Un peu plié, en deux, en quatre en cocotte, tout bas ou avec un œil à langue. Tu me rejoins, tu tentes encore le lien, ta pulpe à mon bras. Je souris, en pensant à ta mine écrasée, à ma personne origamique et t’informe : demain est décédé.
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