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Parfois durant mes promenades je trouve sur les falaises un arbre vierge
voilà me dis-je il y a des jours où la vérité renonce en silence à ses viscères
je ferai de cet arbre un mât que je planterai dans mon jardin pour guetter le moment où le jardin frissonnant se croira navire de nombreux jours ensuite je voguerai je verrai des îles merveilleuses des femmes parfaites m’appâteront de toutes part
je voguerai sans me laisser troubler plus avant par les fontaines des villes et ce n’est que bien plus tard que j’aborderai quelque rivage vaste et froid où me précédera mon chien une flèche profondément plantée dans la patte
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