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Le mec qui se tenait en face de moi au restaurant avait écrit des romans-fleuve. Il avait aussi publié des recueils de nouvelles et poèmes qui atteignaient 1300 pages, sans aucune anicroche. Il n’y avait pas d’auréole sur le drap blanc de son génie.
Je m’étais perdu pour le style de ce mec. Certains jours je n’allais pas au lycée. Je me réfugiais dans ses bouquins comme dans une religion et n’en sortais que pour dîner, hagard et muet. Mes parents me haïssaient de leurs yeux affolés.
Il ne payait pas de mine, ça non. C’était un mec aux cheveux blancs, gras et maniéré. Son regard vous fuyait d’une façon sidérante. Si je n’avais pas su qui il était je me serais sûrement dit : ce type a dû mourir à un moment de sa vie, ce type n’a plus rien à voir avec la réalité.
Des miettes de pain s’agglutinaient sur le revers de son veston vert. Il avait de la sauce marronasse sur les joues.
A un moment sa fourchette a glissé de ses mains. Il a disparu sous la table en gémissant. Il haletait sous la grande nappe rose. J’ai senti ses doigts jouer avec ma braguette. Il a sorti ma queue, l’a enserrée de ses ongles douteux. JE BANDAIS!!!!
Ses lèvres bruissaient sur mon prépuce, et puis il a englouti mon zob tout entier jusqu’à la garde. Je me suis répandu sur sa langue dans le souffle et la salive tièdes. Au moment où l'orgasme jaillissait dans mon cerveau, l'écrivain génial a planté sa fourchette dans le gras de ma cuisse. J’ai entendu un vague son rauque dans sa gorge. IL JOUISSAIT AUSSI!!!!!
Au dessert on ne s’est rien dit. Quand l’addition est arrivée, il dormait, assis, ronflant doucement tel un nourrisson. Je suis sorti de là en silence, comme une ombre.
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