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La voix éraillée de Lana s’étire… jusqu’aux années soixante.
Singing in the old bars Swinging with the old stars...
Des portières claquent dans sa tête, les gens le secouent, lui demandent s’il est né ici. Qui sait… pourrait-il répondre ? La musique dans le hall immense est lugubre, comme tous les airs inventés pour le grand nulle part. La lumière froide découpe son visage dans toutes les dimensions. Il s’interroge sur ce que fabriquent ces hommes autour de lui. L’un d’eux lui apporte son blouson, oublié sur le fauteuil « C’est à vous, Monsieur » Ah ? Mais quelle langue parle-t-il ? Il cherche vainement le piano qui trônait dans le salon Mother… Ce si beau sur lequel il traçait des signes cabalistiques pour la femme de ménage qui glisserait son doigt, lentement, sur la laque noire, juste après son passage, il le savait. Ensuite, quand elle quitterait la maison et reprendrait forme humaine dans la rue, il la suivrait du regard comme un quelconque joueur du fond du bois.
Mais ce soir, la foule et ses mouvements perpétuels le perturbent. Trois notes, son blouson, le hall d’embarquement. Derrière les baies vitrées, dans l’agitation, un mendiant nu joue. Vidéo Games et la nuit gagnent le hall sans prévenir. Il sort son mobile et avance dans les ténèbres avec sa petite lumière perdita… Jusqu’à ce que claque une ultime porte dans sa tête. Combien de vies lui reste-t-il ? Est-il dans l’année du chat ou dans celle du dragon ?
Tandis qu’affolé, il compte ses existences, Lana revient sur scène et lui chante Mother au piano, une femme de ménage aux allures de Monroe… et le Blues du Game over.
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