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Hanoi, Vietnam
Le long du lac On a installé des statues de fleurs Dés lors une foule immense Envahit le parterre Familles entières Groupes de jeunes euphoriques Jeune fille-jeune fille (jamais seule) Et quelques vieux, rares, perdus
Je cherche toujours, par-ci Par-là le cousin d’Oncle Ho Sa barbiche, son béret, son port altier Et, pourquoi pas, un poing serré J’en trouve assez peu, épars Voûtés, boitant, mal fagotés Comme ces petits cailloux indésirables Qu’on écarte de son plat de lentilles
Les appareils photos crépitent Eux, multiples et dernier cri Pour fixer l’être cher Devant l’énorme ourson en fleurs piquées Cliché familial : garde à vous martial Pour une ado joviale : pause à la japonaise Tête de travers, sourire, appareil bucco-dentaire Doigts en « V » devant clin d’œil enjoué
La photo prise, tout rentre dans l’ordre L’appareil dentaire lentement disparaît Derrière ces visages lunaires Tous s’imbriquent dans la foule On passe au stand suivant Une scène des champs fleurie d’espérance Que garde un milicien au sifflet Pour qui veut titiller le paradis
Les couples de jeunes filles (jamais seule) Passent au ralenti Mini-jupes sur collants pure laine Se donnant du courage à petits cris Ici on montre tout en cachant On avoue du bout des dents On voudrait bien sans savoir quoi Sans jamais oser ajouter : plus si affinité
Shanghai Li, de loin, observe Col Mao relevé sur le regard fermé De toute façon on ne perd rien La bouche boudeuse est scellée Sur les pensées de Shanghai Li Soudain l’hiver est partout Froid sur froid, loi du silence oblige La foule transie dérive
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