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Cette année j’ai décidé de planter du chou dans mon potager.
Au début, tout alla à merveille. Le printemps a été long et ensoleillé. Les ennuis ont commencé en mai, quand les choux se sont mis à pousser. Chaque nuit un chou disparaissait. Quand le sortais le matin arroser le jardin, il y en avait toujours un de manquant. Je me suis mis à guetter et j’ai fini par identifier le voleur. Un lapin blanc venu de la forêt. J’ai posé un piège. Le lendemain, une fois pris, je l’ai mis en cage. Quand un deuxième lapin blanc s’est pris au piège, il a rejoint le premier dans la cage. J’ai inspecté minutieusement le mur autour du potager sans trouver aucun trou. Cela n’a pas empêché un troisième, quatrième, cinquième et sixième lapin blanc d’apparaître, d’être pris et mis en cage. Mais les choux ont diminué de moitié.
Comme je suis végétarien et ne tue aucun animal, je ne sais que faire des dizaines de lapins enfermés dans mes cages. Les vendre pour qu’ils soient tués ? Les relâcher dans la forêt ? Ils reviendraient de plus belle. Les garder ? Il faut bien les nourrir et je n’ai que mes choux à leur donner.
80% de ma récolte de choux est perdue. Mes lapins vont bien. Epanouis, ils prospèrent gaîment dans mes cages. Les lapins continuent d’affluer. Comme s’ils poussaient dans mon jardin. Le plus irritant est cette lueur un rien narquoise quand je viens les nourrir.
J’ai semé du chou et je récolte du lapin.
Il y a quelque chose qui cloche dans cette histoire.
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