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Les nuits chics et les matins choc
Leurs peaux blêmes la frôlent, l’obscurité l’enveloppe, tout est doux et moiré, ils sont peut-être deux, comment savoir, ils lui offrent leurs souffles mêlés, un glissement de jambe contre les siennes, un toucher de satin, un silence comblé, un tremblement infime, une main sur ses hanches, l’intensité d’une caresse à peine perceptible, elle bouge, immobile, accrochée à chacune des secondes qui s’égrènent, suspendues, dans un lieu un temps indicible, à peine un micro mouvement qui la fait ondoyer, chevaucher les brumes effilochées et soyeuses de ses rêves, leurs corps dessinent un champ de velours, un miroir tactile où se reflète l’intime connaissance des gestes évidents, à peine esquissés.
Ils lui disent juste, Feliz, au creux de l’oreille et elle sourit à l’infini.
« Madame Dubois, on se réveille ! Oh la paresseuse ! Elle veut pas sa chicorée ? C’est quoi cet air écoeuré ? L’a bin dormi, non ? Pourquoi qu’elle dit pas bonjour ? Oh elle a fait tomber draps et couvertures par terre! L’a le sommeil agité cette petite madame hein ! Rhoooo ! L’a encore pissé au lit ! Ben dis donc je la félicite pas Félicité ! Cette fois ci, elle y coupera pas hein la vilaine. Vais mettre une petite couche à Madame Félicité Dubois. Quoi qu’elle dit, la petite madame ? Qu’elle mette son dentier j’y comprends rin ! Un accident ? Recommencera pas ? Ben voyons, trois fois qu’elle me fait le coup. Ah pis elle pleure maintenant ! Bon ben comme elle veut, qu’elle pleure, elle pissera moins ! »
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