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Bien mal acquis profite ... Parfois !
Le jeune homme roule sur les grands boulevards : il roule dans Paris ! Il se fait plaisir : ce n'est pas interdit... Sur les trottoirs la foule est dense, maussade. C'est LA crise... A l'approche d'un feu, il ralentit. Pas question de passer à l'orange... Ah, ça : jamais ! Il sarrête au ras des clous et d'un geste auguste et courtois invite les piétons qui attendent là, à jouir illico de leur sacro-sainte priorité. On le regarde au passage étonné par tant de civilité. Il jubile : il fait acte de bonté. Avant de redémarrer, il jette un coup d'oeil dans le rétroviseur et remet, d'un coup de peigne précis, un peu d'ordre dans sa chevelure brune pourtant impeccable puis repart en souplesse dans le feulement rauque du six cylindres. Au dehors, la morosité ambiante l'amuse doucement : Parisiens accablés sortant du Métro ou descendant du bus, teint terne, visage fermé, sourire en berne. A travers la vitre fumée, il les regarde, il les plaint et les méprise tout à la fois. Avisant une terrasse de café, bondée à cette heure de la journée, il gare sa PORSCHE juste devant, sur une place handicapé. De son médius, il déclenche l'automatisme de la capote qui s'ouvre sur un intérieur fait de cuir, d'alcantara et de bois précieux . Il met sa casquette à l'envers, s'extirpe, du bolide rutilant qu'il a emprunté le matin même dans un beau quartier, échange discrétos avec un acolyte quelques grammes de coke et reprend le chemin de la cité, là où ce soir, la belle partira en fumée.
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