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Harry roule des yeux grands comme des soleils depuis trois jours qu’il est dans la salle de réanimation. On ne sait pas ce qu’il regarde tout là bas, peut être pas grand-chose, peut être rien.
Moi ça faisait longtemps que j’étais pas allé dans un hôpital et puis ça me donnait de l’importance d’aller au chevet de quelqu’un, j’étais content en quelque sorte... Ce brave Harry...
Pauvre Harry! Ca me fait mal de te voir tout écarquillé comme ça. Y a de l’électronique partout dans cette chambre, des écrans silencieux criblés de diodes vertes, et toi qui trône au milieu sous un drap blanc, toi avec quelques fils branchés sur ta main et sur ton cœur. Y a juste au dessus de toi une machine stupide qui emplit la chambre de tout son souffle, un grand piston noir qui monte et qui descend maladroitement dans un tube transparent. Je te prends la main, elle est toute froide et toute molle. Et puis toute blanche comme toi, merde pourquoi que tu t’es fait sauter le caisson ? Et puis qu’est ce que tu regardes comme ça tout le temps en l’air, t’es tout crispé, t’as les yeux tout immobiles. Je vois bien qu’ils sont tourmentés. Harry qu’est ce qui te rend comme ça, qu’est ce qu’il y a là bas mon vieux ?
Maryline m’attendait à cinq heures chez elle, il ne me restait plus qu’une heure.
J’étais debout devant Harry, la machine avec le piston semblait s’être accélérée quand je me suis approché de son visage et lui ai susurré ‘Je t’aimais bien moi au fond’
J’ai débranché la canule à la base du cou. Rien n’a changé. Les yeux grands ouverts et pleins d’horreurs, le piston qui monte et qui descend, rien n’a changé sauf une diode verte qui est passée au rouge.
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