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Nous, les collectionneurs de pianos à queue Nous avons décidé que demain matin à cinq heures pile Nous nous mettrons à tirer nos énormes mécanismes De-ci de-là dans nos salons Jusqu’à ce que les habitants épouvantés Sortent dans les rues les oreilles arrachées
Sans sourciller nous continuerons à les pousser D’une pièce à l’autre Jusqu’à ce que la ville soit évacuée en hâte Et que l’armée l’ait encerclée Et déclarée ville interdite
Alors radieux nous sortirons nos pianos dans les rues Et nous les traîneront sur l’asphalte municipal Jusqu’à ce que les soldats devenus fous Abattent rageusement leurs officiers Et que les derniers journalistes Jettent à terre leurs microphones ensanglantés
Et si aucun imprévu ne survient A sept heures pile Nous jouerons du Vivaldi
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