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Daniel était crade et puait, assis au fond de la classe. Ses jambes anormalement écartées, il lâchait des bombes silencieuses qui dégoûtaient et faisaient hurler de rire autour de lui. Daniel était connu pour ses perlouses.
Daniel passait ses heures à siroter des tubes de blanco et à en badigeonner ses cahiers, les tables et les chaises. Il s'en foutait partout. Vivait ses heures de cours là-dedans, dans la surépaisseur de blanco. Un jour l'infirmière a écrit "pourriture et blanco dans les tripes" sur son carnet de correpondance.
Moche et petit, mal métissé, osseux comme la mort en personne, il matait les mouvements des corps devant lui. Vous aviez cinq rangées savamment agencées, vingt-cinq têtes alignées en train de bouffer la connaissance, et puis Daniel qui lâchait des caisses en pensant aux règles des nanas devant lui. Arborait son appareil dentaire, souriait comme un con. De la viande et du pain restaient souvent coincés entre son appareil et ses dents jaunâtres, c'était dégueulasse et gluant là-dedans, un vrai nid à merde ici aussi.
Une seule chose horrifiait Daniel. Les règles des nanas devant lui. Il en voyait souvent courbées sur leur chaise et grimaçantes. Le bordel à l'intérieur, le sang qui pissait en collant les poils, les organes moites, la pisse, les mots qui allaient avec : utérus, ovule, serviettes, c'était sans fin et ça donnait envie de les tuer. Mais il aimait bien les meufs pourtant. Il rentrait pas dans les détails, il disait juste : j'aime quelque chose à la surface de leur peau. Alors quand je suis arrivé en novembre et que je me suis assis à côté de lui, la seule question qui s'est vraiment posée, ça a été de savoir si on se ferait un garçon ou une fille en premier.
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