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Du sang colore de kermès l’onde céruléenne |
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Que c’est beau !
L’amour, l’amour… Seul l’amour peut le sauver. Il nage depuis des mois dans le flot amer du vaste océan, le traversant dans sa plus grande largeur pour rejoindre son aimée partie demeurer sans lui sur un autre continent. Il sait que sa tâche est immense. Qu’il lui faudra bien des forces et du courage pour réaliser cette traversée. Pourquoi l’a-t-elle quitté ? Des requins tournent autour de lui, curieux de voir ce bonhomme répéter à l’infini les mêmes brasses. Que cela est lassant ! doivent-ils se dire. Des jeunes le frôlent de leur corps rugueux, lui arrachant quelques fragments d’épiderme à chaque passage. Du sang colore de kermès l’onde céruléenne. Néanmoins des congénères plus sages retiennent la fougue de cette jeunesse, les avertissant de la nocivité de cette chair dangereuse pour la santé. Ce nageur infatigable n’est-il point tout au bout de la chaîne alimentaire ? Ne cumule-t-il point dans son organisme toutes les pollutions de la planète, tous les poisons inventés par les humains et distribués aveuglément aux espèces animales et végétales? Le manger serait une faute. Appliquer le principe de précaution, un devoir.
Ainsi nage-t-il, visité par des squales de passage. L’amour est sa force. Revoir son aimée est son but. Rien d’autre ne lui importe. Il est à mi-parcours. Avant Noël il abordera au paradis. Au pays où réside à présent celle pour qui…
Qu’est-ce cela ?! Il se retrouve soudain englué dans une nappe noire et nauséabonde. Du pétrole !
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