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Nos amis les bêtes (pour atténuer l’effet du précédent : Détergent.)
Comme j’ai un bon quart d’heure devant moi, je vais écrire un petit chef-d’œuvre qui ne sera petit que par la brièveté de son écriture vu le temps imparti. Il me suffit de pianoter pour que s’inscrive sur l’écran ce qui se fait de mieux en création littéraire depuis la nuit des temps. Voici donc mon dernier écrit qui ajoutera à mon immortalité :
Je cheminais sur la grand-route, ma tortue préférée ― elle s’appelle Cunégonde ― en laisse, pressé d’arriver avant la nuit chez ma bien-aimée qui réside à quelques centaines de mètres de la maison où je suis né et où je passe des jours heureux en compagnie de Cunégonde et de ses enfants. Je cheminais donc, morigénant Cunégonde, la pressant de hâter « son train de sénateur ». La nuit n’allait point tarder. Déjà le soleil, dans ses draps de pourpre bordés d’or, s’enfonçait dans le sommeil. Je savais qu’il ne manquerait pas de se lever demain matin comme chaque jour. Cette certitude néanmoins n’avait aucune influence sur ma tortue préférée qui se refusait à précipiter sa marche alors que pointaient au firmament les premières étoiles. Elles étaient à l’heure, ponctuelles comme toujours. Par contre, nous allions arriver en retard au dîner offert par les parents de ma bien-aimée. À cause de Cunégonde qui ne voulait rien savoir ! Qui refusait d’accélérer le pas alors qu’un bon hectomètre nous restait encore à parcourir. Cunégonde renâclerait-elle ? Serait-elle jalouse ? Devrais-je rompre les fiançailles avec ma bien-aimée ?
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