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Mais de là à le lui dire….
Ça prend doucement forme, se formalise, se concrétise, ses yeux n’en trahissent miette. Ça s’organise, se construit, se structure, l’œil s’éveille. Ça évoque, révoque, évoque encore, révoque toujours, le regard se cherche. Ça trouve un chemin, se fourvoie, se raccroche à une branche qui casse, à une autre qui résiste et l’équilibre se dessine.Ça reprend espoir, la sortie se dessine, l’air frais semble arriver et l’œil se ranime. Ça se bouscule, se précipite, s’agglutine, s’entasse, déborde, bouillonne, semble être au bord de l’explosion puis tout s’écroule et le regard se voile. Ça reprend une autre forme, un autre espoir, une autre image, et recommence la fébrile, fragile course contre l’impuissance. Il imagine un schéma, chemin nouveau et se fraie à la serpe un passage dans cette forêt d’encre noire où les ponts s’entrelacent avec les boucles et les traits de ce fleuve tumultueux qui l’emporte au quotidien sur des rivages hostiles mais bardés des sourires de cette insupportable bienveillance. Ça grandit, devient possible, un projet qui tient en si peu de lettres ; il essaye, tente un premier jet, entreprise branlante issue de son invisible carcan. L’air monte des poumons, se bloque un court instant, le rythme du cœur augmente singulièrement, et puis tout se déverse, pauvre diarrhée de quelques syllabes que note avec précision l’orthophoniste ; « c’est du chocolat » a-t-il articulé Elle lui dit, soulagée, en articulant bien : « Au revoir et à jeudi Julien, tu es en progrès".
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