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Il en est ainsi, même pour le génie
Je me posai la question de savoir si j’irais au Ciel, une fois accomplie la tâche exaltante de sauver notre malheureuse planète, lorsque me vint le besoin pressant d’uriner. Or je me trouvais au milieu d’un immense plateau bordé au loin d’une ligne de crête, sans le moindre taillis ou tout autre écran végétal susceptible de protéger l’intimité de l’accomplissement de ce besoin naturel. Je ne pouvais évidemment point exhiber ma verge au risque qu’un regard indiscret, même fort lointain, me surprît dans cette posture pour le moins délicate. Je devais donc me retenir, serrant les cuisses, tout en accélérant le pas dans l’espoir de rencontrer un endroit propice où je pourrais enfin me soulager à l’abri d’un quelconque regard peu ou prou scandalisé.
Encore que précipiter sa marche cuisses serrées ne soit pas donné au premier venu. Il faut pour cela le génie qui m’habite pour accomplir cet exploit digne des héros antiques. Je demanderais bien au lecteur bénévole de s’essayer à cet exercice, quoique je doute fort qu’il y parvienne. Mais trêve de vaines considérations, la douleur est telle qu’il devient urgentissime de me soulager ! Et je vais pour accomplir le geste que la morale réprouve quand j’aperçois enfin une ravine heureusement fort peu profonde dans laquelle je me précipite, un grandiose soupir de soulagement s’extirpant de toutes les fibres de mon être à l’instant de la miction libératrice.
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