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Quand on prend de la hauteur les murs cessent d’exister. Wim Wenders
Les messages défilent sur l’écran, ce matin, rien d’humain. Les robots te souhaitent un bon anniversaire, te proposent un week-end en amour aux îles chais plus quoi.
Tu es en rupture avec l’ensemble des éléments qui composent ton univers. A l’intérieur, dans tes os tu fusionnes avec le soleil, l’énergie primitive de ta mère avant toi... et tu grondes comme des rochers en fusion sous le vernis de ta belle gueule d’angela version fresques de Pompéi avant les pluies. De cendres. Ta couleur de peau. Ton job sans cloison. Univers de poche trouée… Oui, tout à coup tu penses à Rimbaud et c’est une collision d’images entre maintenant, avant ou demain. Peu importe. Elles se superposent, se mélangent, forment un magma où le temps brûle comme du papier d’Arménie. Parfois un vrai photo-souvenir, racorni par la lumière, te revient en mémoire et te jette son hurlement dans les dents. Tu cesses de marcher. Tu ne bouges plus, tu écoutes. Le bruit furieux de ton sang qui cherche à sortir de toi, à exploser dans la fluidité de l’open Space différent de celui où tu évolues chaque jour.
Immobile, tu contemples l’écran du portable puis tu le refermes clac sur ce rien d’humain qui envahit la rétine. Clac. Rimbaud est là, devant toi, avec sa mine des mauvais jours. Clac. Il te propose quelque chose mais quoi... Une arme ? CLAC ! Non. Tu prends ton sac et tu fermes sa porte. Dehors il y a le voyage. Il n'attend pas.
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