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Dédé le cuisinier rapide de la maison des jeunes à Boulsa.
Le premier jour Dédé s’est démis une épaule. Il a couru et s'est aplati contre un arbre. L’os est revenu dans sa cavité. Il riait de toutes ses dents d’albâtre. Dédé le cuisinier magique n’a pas besoin de docteur ! Le deuxième jour il a fait des spaghettis bolognaise. Pour la viande il lui fallait de la chèvre. L’animal essoufflé est passé tout entier dans une moulinette à main. Dédé le cuisinier habile n’a pas besoin d’électricité ! Le troisième jour était jour de congé. Dédé est parti voir les filles à Ouaga. Avec mes 5000 francs je pourrai me payer la plus belle ! Je vais lui donner de l’amour à la Dédé ! Il est revenu pimpant dans la brise du soir. J’ai des insectes plein la culotte ! Il riait encore. Le quatrième jour Dédé m’a dit : je ramerai sur mon petit bateau à travers l’océan. Je viendrai te voir. Nous nous sommes saoulés de rires et de Flag. Le cinquième jour Dédé a changé de visage. J’ai vu le globe autour de ses yeux profonds se troubler. Ils roulaient et fuyaient les miens. Ses joues déjà s’étaient creusées. Des lésions purulentes fendaient ses bras. Ses lèvres avaient gonflé. Le sixième jour Dédé a fait une jaunisse. La fièvre est montée à 41. Le septième jour je suis parti sans me retourner.
Je pourrais dire : Depuis mon séjour au Burkina je vote extrême gauche, j’écoute du Bono et j’achète toujours commerce équitable. Mais ce ne serait pas faire honneur à Dédé le cuisinier rapide de la maison des jeunes à Boulsa.
Alors je me tais.
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