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D'abord, j'ai pensé ouvrir une trappe dans la cloison qui sépare les deux chambres contigües, comme il en existe pour les chats les furets et les chiens
J'ai percé un carré de 50x50 cms et j'ai guetté son passage de nuit comme de jour.
Rien n'est venu. Rien n'est reparti. La trappe n'a pas claqué dans un bruit de joie-plastique ainsi que je l'aurais souhaité. Cela n'a pas altéré la qualité de mon sommeil pourtant. Ni le bonheur de mes jours.
J'ai 37 ans et il y a longtemps que j'ai appris à ne pas dépendre de quelqu'un d'autre. Nous sommes tous en cellule, solitaires derrière les barreaux de notre esprit-mémoire. Le temps peut s'avérer très long parfois si nous ne calons pas bien notre souffle.
Patience. Îles d'espoir.
Ils respirent, ils cherchent l'harmonie dans leur façon de marcher, dans leur alimentation, dans leur gestion du stress, ils font des stages de coaching, tout semble aller pour le mieux en ce qui les concerne, Îles d'espoir. Moi je laisse s'envoler les bulles qui coulent hors de mon cerveau. Sur le balcon, à regarder les indignés, je me sens étrangement empathique. Ces bulles, je sais que je suis sans doute le seul à les voir disparaitre derrière les arbres, rondes comme des billes d'écolier, miroitantes des couleurs de l'automne, mais je me dis que c'est ma manière à moi d'affronter le vide avant les coïncidences. Finalement, ce sont elles qui m'amènent à espérer quelque-chose du hasard. Quelque rencontre, quelque affinité, quelque son familier, quelqu'un qui ramperait à travers la trappe dans un bruit de joie-plastique et viendrait s'étendre à mes côtés en murmurant "papa".
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