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« cette nuit m’emmener chez elle » tellement tard dans la campagne en saison qu’on nomme l’automne et ses nuages c’est pas l’heure à deux frileux fonçant dans une forêt domaniale bien trop vite tu roulais tu m’inquiétais au volant avec tes mains fermées et je te voyais sacrément nerveux dans les reflets des vitres et du rétroviseur intérieur bon alors je faisais comme de rien on parlait pas des arbres en rang de part et d’autre par moments de la pluie qui se mettait à verser toute jaune et grasse à cause des phares des autres au loin à fond dans la nuit maintenant et tes saccades de reflet dans le rétroviseur intérieur ce que tu me foutais les jetons à vouloir m’emmener chez elle avec ton visage giflé de jaune lui aussi par les phares des autres à contre sens à fond « cette nuit m’emmener chez elle » en saccade de ton corps bien trop vite et je ne t’avais rien demandé je te signale sur cette route étroite et glissante d’automne de nuit pour m’emmener chez elle à 4H si tôt c’était voué à l’échec de toutes les sortes et je t’en voulais de m’avoir réveillé c’était une sale petite route étroite de nuit sur une route à travers bois nerveuse en diable avec la pluie avec l’étroitesse de la chaussée avec le vent poussant sur la droite ou sur la gauche et ta tête en nerf dans le rétroviseur intérieur et puis métamorphosée ta joue lisse comme de l’acier d’un coup j’ai vu que t’accélérais dans le bas de la descente en virage c’était dingue j’ai vu ce sanglier compact et dingue qu’est resté là du bon coté de la route étroite de campagne de nuit croisé à fond j’ai vu que c’était quitte ou double elle et moi
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