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La dentelle est moins douce que tes mains |
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Tu as pris ta valise noire. La petite. Ce qui signifie que tu ne pars pas longtemps. Deux nuits tout au plus...
Je l’explique à ta femme, même s’ils ont dit qu’elle ne comprenait pas. Je me demande parfois si les médecins ne se trompent pas. Elle a cet éclat tellement vif au fond du regard. Et ce matin j’aurais juré entrevoir un sourire sur ses lèvres. Il m’a semblé aussi qu’elle fixait la marque bleue sombre sur mon bras...
Tu vas me manquer mon amour. Comme toujours, je vais compter les heures avant ton retour, espérer un coup de téléphone, enfouir mon visage dans ta chemise de la veille pour y retrouver ton odeur. Et elle ? Crois-tu qu’elle souffre de tes absences ? Les remarque-t-elle seulement ? Etrangement, elle est plus facile à vivre lorsque tu n’es pas là. Elle accepte de s’alimenter. Elle ne hurle pas au milieu de la nuit. A-t-elle deviné pour nous deux ? Non, je dois me faire des idées.
C’est une si belle journée ! J’aurais aimé que tu sois là. Nous aurions dîné ce soir dans le jardin, célébré le printemps. Et puis tu aurais glissé tes mains sous ma jupe. J’aurais frissonné de désir. Nous serions montés sans bruit. Tu aurais dégrafé mes dentelles… Tes mains sont tellement douces mon Amour. Et je sais bien, ne t’en fais pas, que lorsqu’elles me frappent c’est uniquement pour te défaire du poids de la culpabilité...
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