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Vétille
J’en étais à me demander si j’avais la tête basse pour passer sous le linteau de la porte des Félicités, celle qui permettait d’accéder à la future chambre conjugale où m’espérait sur la couche non encore nuptiale ma fiancée impatiente de goûter au péché de chair, lorsque un éclair suivi d’un coup de tonnerre envahirent la pièce dont le papier peint à fleurs m’avait toujours « interpelé » ― comme on dit dans les salons où se refait le monde. Le Très-haut nous surveillait-Il du haut des cieux ? Était-Il irrité de me voir céder à LA femme ? quoique je pusse supposer que ma fiancée n’eût point atteint cette condition, ayant, je crois, préservé « l’intégrité de son hymen » ― comme il se dit dans les salons de bonne et chaste compagnie. Paniqué de me voir vouer aux flammes éternelles, je rentrai la tête dans les épaules et pus ainsi franchir la porte sans me cogner du front au linteau massif.
Avais-je mal interprété La volonté du Tout-Puissant ? Les foudres du Ciel auraient-elles plutôt fondu sur moi afin que je rentrasse la tête et pusse ainsi rejoindre ma fiancée tout en émoi sur la couche moite sans me cogner la tête au risque réel d’un étourdissement qui eût alors mis en branle le ban et l’arrière-ban des secours mobilisés pour le moindre bobo par une société de consommation débordante de sollicitude envers ses citoyens dorlotés, alors que règnent famines, guerres et maladies sous d’autres cieux ô combien déshérités ? Le saurai-je jamais ?
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