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L'anus plein d'alégresse ou 8, l'infini mis debout |
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J’ai atteint mon île déserte en pleine nuit Rigolard et pas peu fier de mon vilain tour Les hommes, les femmes j’en avais vu plein la tête Je n’ai rien dit à personne pas même un au revoir
En pleine nuit j’ai roulé à bord d’une décapotable Une nuit de vacances percée d’étoiles minuscules Alors mon île est apparue au loin, calme Avec deux palmiers plantés en extrémité
Des palmiers des bananiers il y en a partout En ville sur les chaises en chemin et même sur les étangs Mais des bananiers aux feuilles lacérées, agressifs
Là je me suis assoupi à l’ombre, au bord de l’eau Au fond de mes yeux je rêvassais à ces drôles de types à bout de course Ceux qui marchent le long des 4 voies en rase campagne Au crépuscule, le matin, dans le vent sous la pluie ou en plein cagnard On dirait des traits qui filent à l’horizon glissent dans les rétroviseurs Des mats en partance je ne sais où, bouffés par le soleil
Sur mon île déserte j’ai emporté un bout de ferraille Et lors des après midi doucereuses sans vent Quand mes yeux s’attardent un peu trop sur les nuages Je creuse et sors du sable humide les morceaux de fer tordus et rouillés Je les nettoie et brosse jusqu’à me taillader les mains Puis je les enfouie rigolard avec mes mains ensanglantées
Sur mon île noire je fonce le soir sur les périphériques Je m’engouffre dans les tunnels illuminés orange sodium J’assiste bon public au théâtre de ma vie Il n’y a pas d’au revoir ici
Sur mon île je dévale les tunnels à cent à l’heure Les mains crispés sur le volant je n’ai pas peur Je chante et hurle sans m’entendre J’envie tous les nouveaux nés Les bébés confinés dans leur siège à l’arrière Bouche ouverte et les yeux ébahis par les néons qui les aspirent
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