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Une aventure qui m’est arrivée. Je la livre telle quelle aux lecteurs avides de sensations fortes, et instruits des vicissitudes de l’existence.
J’étais là, bouche bée, devant ma stupidité lorsqu’un beau camion, ayant raté son virage, vint s’écraser contre moi. Ou, plus exactement, contre mon ventre que j’aime tant. Vous dire que cela rajouta à ma perplexité n’enrichirait guère ce qui va suivre. Or donc, sorti de mon bain de bon matin, je venais de visiter mon âne Martin qui subissait le stress de la fuite de sa maîtresse. Je traversais le sentier herbeux pour rejoindre la maison où je suis né et qui n’est séparée de l’étable où réside Martin ― et où demeurait mêmement sa maîtresse avant que la susdite décidât de le quitter ― que par l’étroit sentier dont il "tondit un jour la largeur de sa langue…"
Qu’un beau camion passât par icelui à l’instant même que je le traversai, bouche bée devant ma stupidité pour n’avoir pas réussi à consoler Martin, mon âne chéri, de la fuite de sa maîtresse, voilà qui sort de l’ordinaire, comme disait mon curé du temps de son veuvage. En effet le sentier est si étroit qu’une poule et ses enfants se retrouvent obligés de l’enfiler à la queue leu leu…
Mais revenons à notre camion. Avait-il subi un régime draconien comme celui auquel s’astreignent nos élégantes ? Et ainsi pu emprunter ce fort maigre sentier que l’on ne peut considérer comme voie de circulation ? L’histoire ne le dit pas.
Voilà ce qui me pèse tant sur le cœur alors que le beau ― mais hélas maigre camion ― vient de s’écraser contre mon ventre que j’ai fort bon.
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