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Nul besoin de comprendre pour savoir !
La pièce baignait dans la lumière dansante du feu. Les tomettes étaient froides et lisses sous ses pieds nus. Elle se hâta de gagner l'épais tapis, attrapa en passant son bouquin du moment et se jeta dans les bras du fauteuil. Face à la grande cheminée, elle s'enveloppa voluptueusement dans le plaid moutonneux et replia ses jambes sous elle. Esteban et les enfants passaient la soirée au cinéma et elle savourait la quiétude de ces instants volés à sa vie turbulente. L'odeur du feu était très présente, à cause d'un ciel bas de novembre. Elle aimait ça. Le bois craquait, chuintait, gémissait dans les flammes ... C'est alors qu'elle sentit deux mains se poser doucement sur ses cheveux. Elle se retourna brusquement. Personne. Rien que la demie obscurité orangée qui balayait les meubles. Son coeur tapait fort tandis que ses yeux cherchaient une forme tangible. Silence... A ce moment là, elle aurait aimé la chaleur d'un chat ou même le corps assoupi d'un bon gros chien. Enfin, quelque-chose à quoi s'agripper. Elle se leva pour tisonner les bûches qui s'écroulaient. Son esprit se clarifia et elle reprit sa place. Mais le livre qu'elle gardait ouvert sur ses genoux ne la tentait pas. Ses yeux étaient tournés vers l'intérieur. Les mains se posèrent à nouveau et elle ne trassaillit qu'à peine, cette fois-ci. Il était de retour à ses côtés, celui qu'elle ne pouvait oublier. Papa ? murmura t-elle tendrement. Et le mot, dans sa bouche, se remit à vivre.
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