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« Nous avons également observé une Inondation, de M. Eugène Lavieille, qui témoigne, chez cet artiste, d'un progrès assidu, même après ses excellents paysages d'hiver. » Charles Baudelaire (Pour Delacroix)
Et le convoi s’égaillait, je me rappelle, sur les routes en déviation du malheur. Dans le minibus, on était tous collés aux vitres. Pas vraiment par curiosité, juste par habitude, voire ennui. Et tout qui défilait. Les champs inondés, les toits de baraques flottant, les planches-passerelles, zigzagant de la route jusqu’au premier étage. La vie était ainsi faite, bien sévère, qu’elle s’était arrangée pour créer un ralentissement des véhicules fuyant à petits pas la guerre de l’eau dévastatrice.
Bien sûr que, dans le minibus, l’air conditionné ronflait. Et puis, tous autant qu’on y était, on avait plus ou moins donné, alors, on regardait, le bon droit avec nous. Les gars résignés qui pêchaient, les rares chiens hébétés, les véhicules, sur la deuxième file, se faufilant. Et même cette bétaillère, avec ses cochons morts dedans, écorchés, donnant à bouffer aux mouches avant que de nourrir leurs frères humains. Leurs têtes, à ces salauds de cochons, alignées, en nombre exact et concordant… ironiquement occupées à regarder les nôtres collées aux vitres, mortes. Et le monde entier. Et le monde entier.
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