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Le grand chapiteau de la nuit
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Écrit par Mireille
  
Sans signes ponctués


C’est une longue marche avec le son éternité des criquets Tout vibre dans le grand chapiteau de la nuit Une jeune femme fine comme un tanagra apprend à connaitre l’animal qui emmène trotter ses deux enfants plus tard dans la campagne Derrière tout cela un visage que j’aime et des musiques d’outre-ronde Tourne tourne dans ma tête le cirque de la vie Elle tourne vire et retourne la terre nos racines elle devant moi sur l’autre versant petit cheval blanc dans le temps d’orage son courage Le sommeil m'abandonne c’est une danse magistrale perdue dans la mémoire Irréelle elle me nourrit du début Les souvenirs sont des respirations antérieures Maman Des rires avalés des mains défaites une lumière morte comme les étoiles que tu vois encore longtemps après Maman ne me pleure pas c’est moi qui dois Au fond d’un ravin s’aventurent mon chagrin et ton absence enlacés

Quelque chose ou quelqu’un du plus profond dit « maman » et les fronts aussitôt se baissent pour appeler et prier même les athées.




Commentaires
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Sylviane Kerivel   |2011-09-12 22:38:37
L'absence de ponctuation, délicatement remplacée par les majuscules, donne une mystérieuse fluidité aux phrases, qui, ainsi, ne sont prisonnières de rien.
On sent. On devine. On comprend ...
Le vertige n'est pas loin.
Mais la prière nous rattrappe, très doucement !

Réponse de l'auteur :

C'est une prière naturelle, sans religion. L'absence de ponctuation tu as raison est comme une libération, Sylviane (sourire)

Georges Elliautou   |2011-09-13 10:46:34
Un texte d'une finesse, d'une subtilité qui nous fait voisiner avec les étoiles.
Content de te lire de nouveau, Mireille.

Réponse de l'auteur :

Merci à toi, Georges. Ca fait du bien, aussi, de vous lire. Je viens plutôt rarement, maintenant. Les étoiles sont partout, j'imagine ; au-dessus de nos têtes mais aussi en dessous, partout autour de la terre. Question de regard...

catox   |2011-09-13 11:11:22
oui oui, quand il n'y a pas de . et de , on est comme aspiré par le texte, c'est chouette comme un graffiti

Réponse de l'auteur :

Pour certains textes ça vient tout naturellement. On dit que le barrage cède.

Claude Cordier   |2011-09-13 19:24:05
Que de "nourriture" en si peu de mots!
Bienvenue à notre grande Mireille, qui rime avec merveille.
Te relire me fait chaud là où j'ai encore mal.

Réponse de l'auteur :

Je comprends, Claude, ou plutôt je devine, à travers ton commentaire. Un grand merci à toi pour ton accueil, tes mots chaleureux. J'ai mis du temps à pouvoir écrire ou plutôt à pouvoir partager l'écriture de l'absence de ma maman.

Hervé G.   |2011-09-17 05:01:10
Il en faut du chemin et des mots et des larmes, Mireille, pour le mot retrouvé alors qu'on le croyait perdu.

Tout le sens des sentiments en mots, c'est respectable et beau, dans le partage !

;O)

Réponse de l'auteur :

Merci pour le partage, Hervé. Les textes... ne viennent que par instant. Ils sont rares, les mots tout pareil. Grand sourire...

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