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Je ne sais pas si ce que vous avez lire pourrait faire changer de braquet à votre vélocipède en caoutchouc mâtiné de chocolat. Parce que le choc est là. Et pas qu’un pneu, mon neveu. Mais revenons à nos arpions. Et prenons la route à bras le corps.
Je marchais à pied, tant qu’à faire, quand une queue de comète vint caresser ma moustache. En un éternuement qui fit trembler l’Univers sur ses bases ― encore qu’il ne soit pas évident de déterminer les bases de l’Univers et contre tous ―, je me pris le pied dans la moquette et boulai jusqu’aux confins de l’espace infini. Quelle ne fut pas ma surprise d’y rencontrer mon épouse qui, un cabas au bras, faisait son marché, choisissant parmi les milliards d’étoiles celles qui lui iraient le mieux en boucles d’oreille. J’allais pour lui faire la bise, en bon époux que je m’efforce d’être malgré les railleries des copains de bistro, lorsque surgit ma maîtresse habillée en archange exterminateur. Vous pensez bien que cela n’échappa point à mon épouse qui, lâchant son cabas empli d’étoiles, se précipita sur ma maîtresse ― Paulette, qu’elle s’appelle. Les cieux me sont témoins que ce fut un combat de tous les diables qui se déroula aux confins de l’Univers entre mon épouse et ma maîtresse. J’assistais impuissant à ce grandiose pugilat, inquiet de voir s’effondrer tout le système mis en place en six jours par le Tout-Puissant Créateur du Ciel et de la Terre. Fort heureusement pour nous autres vers de terre, survint la Main gauche du Seigneur à cheval sur LE balai d’essuie-glace. Furieuse de se voir refuser la préférence, Elle gifla l’une et l’autre qui se remettaient difficilement d’une longue maladie d’amour.
Et c’est ainsi que nous échappâmes à la Fin du Monde.
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