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1954-2011
En cendres, hélas.
Je t’en veux, imagine un peu, Ce qu’on aurait pu vivre Toi, moi, Tes ongles et tes cheveux.
Assise sur la tombe, une demi-fesse sur le granit, La tête allongée à l’endroit exact où se serait trouvée ton épaule, Ecoutant pendant trois mois tes cheveux châtains pousser, je suis sûre qu’ils auraient eu le bruit du ressac, Repoussant à la nuit tes lunules et le temps imparti.
Je t’en veux, je m’imagine un peu, Bercée dans tes résidus de vie, Griffée, aimée par capillarité, par, Tes ongles et tes cheveux.
Mais en cendres, hélas.
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