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La Brûlure
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Écrit par Elodie Elodie
  
1954-2011


En cendres, hélas.

Je t’en veux, imagine un peu,
Ce qu’on aurait pu vivre
Toi, moi,
Tes ongles et tes cheveux.

Assise sur la tombe, une demi-fesse sur le granit,
La tête allongée à l’endroit exact où se serait trouvée
ton épaule,
Ecoutant pendant trois mois tes cheveux châtains pousser, je suis sûre qu’ils auraient eu le bruit du ressac,
Repoussant à la nuit tes lunules et le temps imparti.

Je t’en veux, je m’imagine un peu,
Bercée dans tes résidus de vie,
Griffée, aimée par capillarité, par,
Tes ongles et tes cheveux.

Mais en cendres, hélas.


Commentaires
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Sylviane Kerivel   |2011-08-21 18:17:05
Subtile douleur, vaporeuse et charnelle ...
Un truc à lire mille fois pour en garder l'empreinte aimante !

Claude Cordier   |2011-08-21 19:26:58
Vraiment ce texte me ravit, pas seulement au lit, toute réveillée et revenue de Normandie.

Réponse de l'auteur :

Merci, bon retour de Bologne.

Georges Elliautou   |2011-08-22 10:08:50
Subtilité et profondeur du sentiment. Que cela est bien exprimé.

Noz   |2011-08-25 18:18:26
"Griffée, aimée par capillarité, par,
Tes ongles et tes cheveux"...Je voue une tendresse particulière à ces 3 -et plus encore les 2 dernières qui encadrent le PAR - vigules placées au bord du vide de granit comme un garde fou au vent des cendres

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