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Le temps est radieux, un temps à légèreté à mousseline, à poitrines moulées à respirations. Un à étirer son corps en posant les doigts sur un nuage esseulé, à le cambrer jusqu’à faire saillir des cotes sous des seins minuscules. Elle a envie de ça, de gigantisme, de s’empiffrer de vert, de bleu, de langue goudronnée aux surfaces brillantes. Elle s’étire, se roule dans le lit, s’habille, se trouve belle, se maquille, se désire. Puis, sac à l’épaule.
Elle s’approche de la porte, en tient l’encadrement, déjà tournée vers l’extérieur, il l’aguiche l’extérieur, elle a hâte de le serrer et qu’il lui échappe. Son regard se détourne un instant, gravit les traits du gisant au salon immobile. Par réflexe, elle tourne la bague à son doigt. Elle soupire. L’anodine formalité pèse des tonnes. Dit : je sors.
Il ne répond rien, se contente de sarcler son âme de prérogatives administratives. Par réflexe, il tourne la bague à son doigt. Détaille le mascara, la mousseline, les nacres accrochées aux lobes, la juge de l’iris et elle se sent comme d’habitude, en faute, prise en faute -Alegria seria um pecado ? - les yeux réprobateurs agacent l’interrupteur de la culpabilité.
Elle est encore à deux doigts, d’abdiquer sa souveraineté, de décrire le but, les pas exacts sur les trottoirs exacts, la flânerie justifiée. De quantifier le temps de l’hors-champ, il sera compté. Elle retient ses larmes, les yeux seront toujours réprobation, se force au silence, lui seul éclaire le monde.
Sort.
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