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Ah ! il s’en passe des pelles, dans le sous-bois.
― Il me serait aisé de vous donner un coup de pelle sur le crâne après que vous eûtes creusé un trou dans le sous-bois exactement dimensionné à votre cadavre en devenir. Mais je suis bon. ― Je vous rends grâce ! infiniment reconnaissant de votre mansuétude. ― Néanmoins je vous demande de bien vouloir vous crever les yeux avant que de vous arracher les ongles. ― Me crever les yeux avant que de m’arracher les ongles !? ― Voyons, soyez logique. Un peu de pertinence dans votre interprétation serait la bienvenue. ― Évidement ! C’est l’évidence même ! Comment s’arracher les yeux sans ongle aucun ! ― Ah ! quand même ! ― Je vous en supplie ! Épargnez mes yeux qui me sont si précieux ! Prenez plutôt ma femme. ― Impossible. ― Mais je vous la donne. Vous pourrez tout lui arracher. Y compris ses secrets les plus intimes. ― Impossible vous dis-je ! ― Vous pourrez l’écorcher vive, l’éviscérer, lui rompre les membres, et surtout, surtout, lui arracher la langue. ― Puisque je vous répète que c’est impossible. ― Je vous en supplie. Massacrez-là. Et surtout, surtout, n’oubliez pas de lui arracher la langue. ― Non. Impossible. C’est la journée de la femme.
Finalement, après réflexion, il lui donna un coup de pelle sur la tête. Puis il alla rejoindre la veuve de l’enseveli dans le sous-bois. Elle l’attendait, un bouquet de roses blanches disposé sur la table de chevet. Comme quoi, la journée de la femme peut avoir ses bons côtés.
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