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L’orage est arrivé violent, brusque. Rien de prévisible, juste une bourrasque exacerbée et puis de l’eau, de l’eau en cascade, en jet.
En dégueuli, diarrhée monocorde ensuite saccadée, filante de nouveau puis staccatopée encore et la rue s’est vidée comme si les pustules bigarrées portant fier quelques minutes auparavant pourtant, craignaient l’engloutissement pire, la dilution. On reconnaissait ici et là encore quelques tâches grisâtres de porteurs de parapluies résistants débiles au flux magistral ; ils disparaissaient en l’égout commun, étaient chassés par la pente des ruelles vers le port d’où les chaluts ne partaient plus. Les arbres pliaient, jeunes comme vieux, toutes essences confondues ; l’illusion du ciment se lézardait, l’immeuble encore éclairé de la banque clignotait grâce au luxe d’un générateur comme guirlande de Noël oubliée après les fêtes, pathétique. Enfants des écoles, pensionnaires de la maison de retraite, médecins hospitaliers, pompiste stagiaire, curé titulaire n’eurent leur mot à dire devant cette nouvelle vague sacrément dynamique. Ils flottaient tous en parfaite équité entre les commerçants du marché et les chalands, avaient bouche ouverte comme truites sur l’étal du poissonnier. Louis C venait de perdre en ces quelques minutes femme, gosses, belle famille, chien, factures EDF, confiance de son assureur et pire encore jouissance de sa Ford Escort XRi qui dérivait maintenant vers la Méditerranée. Il pensa une seconde rejoindre le bouillon, puis se ravisa en voyant pleurer la Martine, celle qui l’avait giflé en 4ème quand il avait osé lui avouer ses sentiments…Une carte à re-jouer !
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