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Voilà, je suis arrivé au carrefour que j’attendais, le van de police passe devant moi comme un gros jouet bien rond, tout ce qui me remplit de dégoût est en train de se produire et je serais le personnage principal de cette horreur ?
En vérité je vous le dis mes frères, jamais une vie ne m’a semblé pouvoir être le berceau d’autant de désespoir, et quand il plaît au Ciel de vous mettre dans une situation pareille, vous pouvez bien marcher tout ce que vous voulez au soleil, sous une pluie battante ou dans le pire des blizzards, la plus enchanteresse des femmes vous apparaîtra toujours fade et la plus lumineuse des routes aura toujours l’aspect vorace d’un cul de sac. Enfin, ceci n’est pas totalement vrai, peu importe, et toujours est-il que si je voulais passer pour quelqu’un de bien à vos yeux, lecteurs, si ce que je cherchais dans mon action était un peu de cohérence et d’idéal, eh bien je marcherais vers ce van de police, mâchoire tendue, regard sec et froid et je ferais mourir ces petits flics de peur en leur agitant mon désespoir social sous le nez, et ma détresse aurait la forme d’un Browning 9 mms ou quelque-chose du genre, et ils devraient alors descendre de leur piédestal comme des Dieux bafoués et me ficeler les poignets et me péter la rate à coups de matraque, et tout cela pour quoi ? Parce que j’ai raison et qu’ils ont tort, parce que ce monde a été crée à l’image de l’enfer et que seule la violence donne une petite chance aux hommes de se sentir vivants, vous voyez ce que je veux dire, la violence amoureuse ? La violence iconoclaste, la violence suiveuse, la violence de l’absurde, la violence commerciale, la violence intrusive, la violence la violence la violence, laideur de la violence noire.
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