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les indésirables
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Écrit par Albert
  
L’art est une affaire tiède dans ce pays. Douloureusement tiède.


On catégorise trop. On crée de petits schémas conceptuels, on vous balance des rythmes lancinants au visage, on vous endort, on vous regarde d’un petit air méprisant et merdeux, on vous dit : je lis de tout moi, j’écoute de tout, je participe à tout, je soutiens des associations. Ce faisant, on instaure la catégorie tolérante, celle qui regroupe toutes les tendances non-névrotiques du moment. Les curieux, les touche-à-tout. Surtout pas d’inquiétude, pas d’obsession, pas de vulgarité, pas de joie, pas d’éructation, pas de "nombrilisme", pas de nombrilisme. On assume nos contradictions, on prône la mauvaise foi, on pèse le pour et le contre, on préfère parler des poètes morts que de ceux qui vivent encore et tremblent de peur dans des studios, se suicident, chient véritablement dans leur froc. On en fait des biographies. En ce qui concerne les musiciens, on préfère ceux qui jouent juste et pas trop fort, pas trop sourd, pas trop métallique, etc, etc.

A mon réveil ce matin, j’ai trié mon courrier électronique. Il y avait 17 messages indésirables et 0 désirables. Bien entendu, j’ai ouvert les indésirables et supprimé les autres. Enlarge your penis, come with me, be a real man...

Il semble que quelques personnes adoooooorent ce que j’écris et que quelques personnes détestent franchement. Mais la grande majorité des gens n’en ont strictement rien à foutre. Ils ont bien raison. L'art est une affaire foutrement tiède vous savez.

Commentaires
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Georges Elliautou   |2010-11-19 10:20:04
Moi, j'aime ton écriture.

Anonyme   |2010-11-18 15:34:10
Angèle dit que l'art n'a pas de température. Elle agite un thermomètre rectal et vérifie une seconde fois. C'est bien ça, l'art est à 37 pile. Elle soupire, ça l'arrange pas. Elle préfèrerait que comme la dernière fois, il dépasse les 40, promène un regard vitreux sur la crasse des carreaux, un regard visqueux sur le haut de ses cuisses, que comme la dernière fois il distille goutte après goutte, dans une bouteille à la mer, une drôle d'odeur de corps malade. Angèle l'aime brûlant ou glacé de rigidité cadavérique, nauséeuxabond, quitte à engager des frais médicaux et étaler sur l'étagère du haut une délirante pharmacopée. Pour limiter. Parce qu'à 41, le cerveau de l'art crame.
Un come back, Albert ?

Sylviane Kerivel   |2010-11-18 21:54:57
Entre un coup de sang et un refroidissement, une petite zone tiède n'est pas désagréable !

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