De retour après une longue absence... et peut être avant une autre, qui sait ?
- C’est moi ! Je suis là…
Visiblement gêné il s’immisce par la porte entrebâillée et embrasse le séjour de ses grands yeux candides. L’ovation glorieuse du patriarche est hélas couverte par le silence étourdissant si caractéristique de l’absence. Résigné il soupire, fait un pas de plus puis referme la porte en évitant que le courant d’air ne la lui arrache des mains.
- Maman ? Papa ? Désolé pour le retard, j’ai eu un ennui.
La cuisine est vide, rien ne chauffe sur la gazinière, le four est froid, la table n’est même pas mise, pourtant on est bien dimanche. Les poutres de la charpente craquent sous la chaleur du mois d’août, restituant l’ambiance sereine d’un vieux voilier qui aurait trop bourlingué. La poussière seule témoigne d’un semblant d’intérêt pour le retour de ce fils prodigue. Elle s’étire langoureusement dans les rais de lumière que filtrent l’opacité des petits carreaux de la porte d’entrée. Quelques pas supplémentaires le conduisent vers la cheminée sur laquelle trône la seule photographie de lui en aube de communiant. Les couleurs semblent délavées par des torrents de larmes acides, la trame du papier affectueusement usée par des caresses maintes fois renouvelées. Alors il se souvient. Dépité il fait demi-tour puis, en soupirant, avance vers la lumière...
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