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Jardin d'automne et tango en attendant mieux.
Une tasse de café à la main, il dansait le tango dans sa cuisine. Il venait de recevoir la meilleure nouvelle qu’il ait eue depuis longtemps, depuis jamais peut être. Ses yeux bleus riaient tandis que de petites larmes s’échappaient malgré lui. Il s’habilla, chaudement, mit ses lunettes de soleil, les écouteurs sur les oreilles et se mit à parcourir en tous sens son jardin, déserté depuis peu. Il écrasait les plantes, méthodiquement, avec entrain. Il s’était remis au tango, dans la terre odorante. Il avait remplacé la tasse par sa flûte mais il ne jouait pas. Se contentait de ses reflets dans le soleil de l’automne, sans savoir s’il en rejouerait, jamais. Il s’énivrait dans sa propre hébétude, le cerveau tendu vers le ciel, histoire d’avoir des réponses. Hein ? Foutu connard, t’as pas fini de m’écarteler ? Il s’assit sur la petite balançoire de plastique verte. Très envie de dériver…. Puis, la porte du jardin grinça. C’était le week end de Benjamin. Le petit garçon prit sa main, lui murmura quelque chose tout bas. Il sut à cet instant que ce serait donnant donnant, réponse après question, que les questions le fusilleraient jusqu’au prochain port, jusqu’à la prochaine respiration, jusqu’à la prochaine étoile. Après une insulte muette au connard de là haut, il sourit à Benjamin et lui proposa un chocolat.
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