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La voix de Peter Gabriel, qui l’écoute ? Une fille en colère. Des vieux, aussi. En colère mais seulement dedans, comme le fer dans un gant de velours, bien au chaud du faux-semblant.
Elle remonte sa frange derrière les Ray-ban aviator conformes à son âge. Dans le même mouvement, elle claque malencontreusement la portière sur une mèche de cheveux coincée entre l’extérieur et le reste, dans l’habitacle de sa voiture, un univers de femme… La douleur irradie, lui réchauffe le mal au cœur. Elle augmente le son pour passer à autre chose. Ange Gabriel. She’s the moon. Il a vieilli (elle trouve), comme tous les saints du paradis et de Genesis… mais pas encore les siens. Des demi-lunes. En y pensant vaguement, elle a envie de rire, de se bidonner avec ses copines en avalant un thé de chine fumé, brûlant ou glacé… ça dépend.
Elle leur dirait voilà, depuis des jours je m’exerce à partir. Ça s’apprend, comme le reste. Tout est question de volonté et de puissance. Je veux dire d’accès à la liberté. Soudain c’est de l’espace qui pénètre dans ton ventre, pas comme un homme qui t'aimerait mais… presque aussi fort. De l’espace à la limite de la folie. L’autre continue. She’s the moon. Elle rit toute seule dans sa coquille de noix sur pneumatiques. Elle a des yeux clairs. Ça dépend. Ce soir je dirais… bleu marine. Elle navigue entre vous, moi et nulle part. Elle s’exerce à partir, à quitter l’absent qui vole pourtant sans cesse dans l’atmosphère, autour d’elle, une caravelle. Elle s’exerce, à bord de la voiture rapide et sans freins. Elle a envie de rire. Sans freins ? Une façon de parler, d’imaginer.
La suite. She’s the moon. Tout en haut du pont. Regarde !
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