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L’aigle et le serpent, le serpent dans les serres de l’aigle, il n’y a aucun bruit dans le monde, des petites choses s’agitent, des hommes fourmillent, ils marchent, marchent, portent des pardessus beiges et des écharpes, on ne distingue pas très bien leurs têtes.
Maintenant l’aigle plane, l’aigle passe dans le soleil et en ressort avec le serpent raide comme une brindille, celui-ci ne se débat pas, ils décrivent de grands cercles lents dans le ciel, le serpent n’oublie pas la mort, il l’ignore.
Un homme s’arrête sur le trottoir, il s’adresse à une femme, la regarde et détourne son regard, dix fois par seconde, l’homme ne s’aime pas, il recherche le lointain, cette femme peut être, mais non, ils se séparent, maintenant sa marche est plus lente, comme réfléchie.
Soudainement la femme revient en courant, il se retourne, se fait gifler en pleine rue, l’homme reprend sa marche lente, il n’ignore pas la mort, il vient de s’en rappeler, et puis l’aigle et le serpent il n’y comprend rien. Alors l’homme décide de faire un détour rue Lamartine, là où se situe le café de l’avenir.
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