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Caroline disait que je n’étais pas un mec. Elle voulait un homme, un vrai, pas juste un gamin. Caroline disait que j’étais juste un jouet.
Caroline disait beaucoup de choses. Pas mal de choses hypnotisantes. Beaucoup de conneries aussi. Assez stylisées en fait. Trop stylisées au bout du compte. Elle disait que les hommes et les femmes étaient comme les bolides étrangers qui croisaient sur les avenues de Bucarest. Il fallait tous les essayer pour se faire une idée. Alors elle prenait des avions à hélice où elle avait du mal à caser ses longues longues jambes et participaient à des gangs bangs joyeux sur les bases militaires à Brooklyn. Elle portait des bottes et du maquillage, un petit miroir et un mini-fouet à la ceinture. Des types et des bonnes femmes en tailleur sont venus et lui ont pris ses enfants. Alors Caroline, comme une comète, a jailli d’une chanson de Lou Reed, période early 70’s. Le chanteur est bouffi et décharné à la fois, il enregistre assis dans un fauteuil roulant mais pèse toujours sa poudre au milligramme près sur une balance de cuisine. Tout le monde, même l’ingénieur du son qui lui gueule de chanter bordel, de se lâcher un peu sur THE KIDS, tout le monde se dit il est mort, ce type, il n’est plus sur la même planète que nous déjà.
Maintenant Caroline mâche et mâche et remugle sur des sites littéraires. Elle n’a pas le choix. Céder aux voix faciles qui dictent notre conduite dans notre tête est une question de bon sens. Mais si vous la voyez, vous constaterez qu’elle est toujours aussi belle, bottée et maquillée, toujours sous emprise. Putain de Reine Roumaine.
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